Quand sonne le glas (Des scones et des hommages)

gâteaux moelleux farines coing

L’avez-vous vu?

Lui, oui, lui. Aujourd’hui, j’aimerais remercier Céline.

Cél pour les intimes, vous chers internautes bienheureux qui suivez le fabuleux blog Les Mots Ailés, né sous cette grande plume de la blogosphère.

Céline tu ne me connais pas vraiment, je n’ai d’ailleurs osé t’écrire. Ni dans la section de ton blog prévue à cet effet, ni même en privé. J’aurais pu me présenter à toi autrement, j’ai un faible pour les relations épistolaires par exemple, oui mais voilà, à quoi bon avoir un espace aussi versatile que le Blog si ce n’est pour l’utiliser?

Pardonne donc mon intrusion depuis cette zone de confort dématérialisée.

L’inquiétude me gagne, j’ai si peur de ne trouver les mots justes. Afin d’éviter toute maladresse sémantique ou ton outrageusement ampoulé, je vais tenter de parler avec mon cœur, même si ce langage confus n’est que trop peu maîtrisé, il me semble que nous avons besoin de parler d’amour. De douceur. Et de révolte.

Scones et hommages

Je crois que la meilleure façon de te remercier, c’est de te rendre ce tout petit hommage, cet article consacré.

Tu as posté cet article quelques jours après de la perte d’un être cher. Je l’ai tout de suite compris, mon cœur battait fort en lisant tes mots, une chamade désarticulée que je ne connaissais que trop bien car moi aussi, je l’éprouvais. Sans que tu le veuilles, une connexion, que dis-je, une synchronisation s’est créée.

J’avoue avoir parcouru tes mots, fébrile, me sentant toute chose. Une incoercible tristesse s’est emparée de moi alors que je réalisais le départ de mon grand-père et tout ces souvenirs qui restent, et qui ne vivent qu’au travers de ceux qui les portent.

Loin de moins l’idée de finir cette année sur une note triste, non, plutôt une mélancolie joyeuse, celle qui nous gagne dans la douceur molletonnée de l’hiver, alors que sonne le glas d’une vie qui appartient déjà au passé.

Scones et hommages

La beauté hiémale de ma Normandie natale a rendu ce moment paisible et fabuleux, et les cocoricos qui venaient du jardin égalaient dans mon cœur les harmonies organiques émanant de la chapelle. Alors que je t’écris ces mots, la mélopée du violon de mon père résonne encore dans mes oreilles, la plus douce des musiques, la méditation de Thaïs.

C’était une belle journée somme toute, aussi belle qu’une ode élégiaque. Il y a quelque chose de fabuleux dans cette triste beauté. Ce sentiment unique de commencement et de fin. Je crois que je n’avais pas envie de pitch à la fraise mais plutôt de vin rouge d’ailleurs, et j’avais surtout une furieuse envie de parcourir cet espace vert, cette maison, nourrir les poules une dernière fois, glaner les noisettes délaissées par les écureuils qui semblaient avoir déserté pour me laisser face au vide rempli de la nature.

J’avais envie d’occuper mes mains, de nous nourrir tous de douceur. Un spleen de cuisine, une fringale baudelairienne, une envie de pétrir, de reconnecter avec mes sensations d’enfants, celles de la confiture aux abricots sur les tartines, quand je m’en mettais effrontément plein les mains et que je poussais le vice à tremper mes petits beurres dans le pot. Il y a encore quelques mois de cela, je me souviens bien, j’ai pris la clef des champs, celles qui ouvre le portillon magique qui mène sur son petit potager. Baies et cucurbitacées en abondance, tout est là, il suffisait de se pencher et d’y cueillir tout ce qui voulait bien venir dans nos mains ouvertes. Réaliser un repas avec les fruits de sa cueillette, c’est une histoire en soi.

Scones et hommages

Mon papy était un grand homme. Je crois que je n’en avais pas eu pleinement conscience jusqu’à ce moment…

….où chacun a pris la parole pour évoquer son souvenir empreint d’amour céleste

…. pendant lequel nous nous sommes souvenus de la petite épicerie qu’il a tenue pendant 35 ans

….. fatidique du protocole où j’ai dû poser ce carré d’étoffe rouge qui lisait “République française” et “Amour et Patrie”

Parmi les médailles, la légion d’honneur

…. l’évocation de ses frères tombés au combat

…. de la levée des drapeaux, lances épiques aux lourdes étoffes, célébrant le salut d’une si belle âme

Alors seulement là, j’ai pris conscience que mon grand-père n’avait pas été “qu’un grand père” mais aussi un père, un frère, un voisin, un ami, un élu, un militaire, la bonté, l’amour, le partage, l’engagement, la loyauté et bien d’autres choses.

Un Grand Homme.

Scones et hommages

 

“Fais ce que tu fais”

Aujourd’hui je suis en paix, mon devoir de mémoire accompli.

Tes petits donuts m’ont fait du bien. Ils ne m’ont pas seulement réconfortée, non, ils m’ont réchauffée, mon âme.

J’ai usé et abusé de ta recette, y apportant quelques modifications, notamment dans la forme et dans l’ajout d’ingrédients de mon goût.

Tes donuts sont devenus scones, laissant place à mon imagination tant inspirée par mon admiration dévouée de la culture britanique. Car ils accompagnent si bien le thé, cette boissons miraculeuse, réconfortante comme il n’en existe point d’autre. A mon humble avis.

Scones pour journées Spleen
Un moelleux réconfortant
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Ingredients
  1. Pour 6 petits (ou 4 plus gros) scones
  2. -60g de farine de châtaigne
  3. -90g de farine de sarrasin
  4. -1 banane écrasée
  5. -2 càs bombées d’huile de coco
  6. -1 coing
  7. -40 grammes de raisins secs
  8. -1/2 cuillère à café de cannelle
  9. -1 càc de bicarbonate de soude, 1 càs de vinaigre de cidre
Instructions
  1. Préchauffez votre four à 180°
  2. Dans un saladier, mélangez les farines et la cannelle
  3. Ajoutez la banane écrasée et l'huile de coco fondue
  4. Ajoutez les raisins, le coing que vous aurez au préalable passé rapidement au robot pour le râper et mélangez bien
  5. Ajoutez le bicarbonate et le vinaigre
  6. Mélangez jusqu'à obtention d'une boule de pâte un peu collante
  7. Formez 4 ou 6 petits scones (forme triangulaire)
  8. Enfournez pendant une vingtaine de minutes
Adapted from Les donuts de Céline (Les Mots Ailés)
Adapted from Les donuts de Céline (Les Mots Ailés)
Lovely Veggie http://www.lovelyveggie.com/
Je vous souhaite le meilleur et plus encore pour cette nouvelle année.

Que 2016 résonne en nous comme une promesse d’amour universel.

Merci <3

9 thoughts on “Quand sonne le glas (Des scones et des hommages)

  1. Douces fêtes à toi malgré l’absence…. Mais l’amour reçu et donné à un être cher est une véritable présence.
    Merci pour ce beau partage.
    Enfant je croyais que si mon grain-père mourrait , je ne pourrais survivre… Il est mort il y a quelque temps, j’avais 44 ans, et je l’ai accompagné , et je ne suis pas morte , au contraire, forte de l’avoir aimé jusqu’au bout.
    Je te le dis, car ton article résonne en moi, avec la Méditation de Thaïs aussi pour l’accompagner , musique qui ne me quitte pas aujourd’hui, jouée par lui qui était violoniste.
    Douces pensées.

    1. Merci Agnès pour tes douces paroles… Ces fêtes ont eu une saveur toute particulière, mais la mémoire de ceux que nous aimons vit en nous à jamais. Cette absence nous donne l’énergie de nous battre pour ceux que nous aimons et avons aimé. J’ai perdu mon premier grand père très jeune et cela m’a marquée à jamais. Mais les choix que j’ai fait dans ma vie n’ont cessé de me rapprocher de lui…
      Heureuse que mon article puisse toucher d’autres personnes… Heureuse que mes mots t’aient trouvée. Continuons à nous émerveiller de la douceur et de la beauté du son du violon… Tout le meilleur pour 2016 <3

  2. Coucou ma jolie,
    Un grand merci pour cette belle recette mise en avant (titre + lien) dans ma newsletter spéciale chandeleur qui part en début d’aprèm. 🙂 Miam !
    Bises,
    Lili

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